Du 17 au 24 mai c’est la Semaine Laudato si. Un événement mondial qui a lieu chaque année en mai pour commémorer l’encyclique du pape François « Laudato Si ».
Le thème de cette année : De l’espérance à l’action
« L’espérance nous invite à reconnaître qu’il y a toujours une voie de sortie, que nous pouvons toujours repréciser le cap, que nous pouvons toujours faire quelque chose pour résoudre les problèmes. »
LS 61
La Semaine Laudato Si’ 2026 nous invite à passer de l’espérance à l’action. L’espérance n’est pas passive : elle se vit et se partage à travers les choix quotidiens, la vie en communauté, la prière et des gestes concrets de bienveillance. Cette année anniversaire nous rappelle que la conversion écologique se construit pas à pas, à travers des relations restaurées, une création protégée et des communautés renforcées. Le prochain chapitre de Laudato Si’ commence avec nous, où que nous soyons.
L’équipe Eglise verte vous propose durant cette semaine de nous votre réflexion, votre foi et votre désir d’engagement là où vous êtes, comme vous êtes, au service d’une humanité renouvelée.
Jour du dépassement
Ta fortune, ton business et tes marchandises, tes marins et tes pilotes, ceux qui assurent la maintenance et tes services commerciaux, tous les militaires qui te protègent, et la foule de gens que tu engages, tomberont dans le cœur des mers, au jour de ton effondrement. (Ez 27 : 27)
Fin avril, le 24, on avait atteint le moment où la demande humaine en ressources naturelles dépasse ce que les écosystèmes peuvent régénérer en un an. La planète dispose d’environ 1,48 hectare global par personne pour produire des ressources et absorber nos déchets. Un Français en consomme plus du double. Autrement dit, à partir de cette date, la France vit à crédit écologique : nous prélevons davantage que ce que la nature peut reconstituer, que ce soit pour les forêts, les ressources halieutiques, les sols ou la capacité à absorber le CO₂. Le Jour du Dépassement n’est pas une fatalité. Il constitue un signal d’alarme. Le WWF France appelle à engager sans attendre une transformation profonde de notre modèle de production et de consommation.
Tous les ans, c’est un peu plus tôt… Père, nous savons que ça ne va pas. Pourtant il y a tant d’initiatives, tant d’informations sur le sujet. Et ça ne change pas. Il faut changer les cœurs, Père, pardonne-nous, et guéris-nous.
Le Salut et la création
Psaume 96
Chantons avec la création !
Chantez en l’honneur de l’Eternel un cantique nouveau,
chantez en l’honneur de l’Eternel, habitants de toute la terre !
Chantez en l’honneur de l’Eternel, bénissez son nom,
annoncez de jour en jour son salut!
Racontez sa gloire parmi les nations,
ses merveilles parmi tous les peuples! …
Que le ciel se réjouisse, que la terre soit dans l’allégresse,
que la mer retentisse avec tout ce qu’elle contient,
que la campagne et tout ce qui s’y trouve soient en fête,
que tous les arbres des forêts poussent des cris de joie
devant l’Eternel, car il vient.
Oui, il vient pour juger la terre.
Il jugera le monde avec justice,
et les peuples suivant sa fidélité. (Psaume 96.1-3, 11-13) (version protestante)
Ce psaume nous montre la création chantant la gloire de Dieu ! Question : l’être humain n’est-il pas la seule créature capable de louer ?
Saint François d’Assise dans son discours aux oiseaux, par exemple, leur demande de chanter pour remercier leur créateur. Il affirme, par là-même, que dans une création réconciliée tout chante la gloire de Dieu !
Là est un grand mystère : la création n’est-elle que le décor posé par le Créateur pour l’Homme, considéré aujourd’hui encore comme étant le sommet de la création ?
Cette conception donnerait raison à l’attitude des Êtres humains à se servir sans discernement des biens offerts dans le monde. Or, c’est bien là la source ou la cause de notre situation d’aujourd’hui, la détérioration de notre environnement.
Le grand mystère et la beauté inouïe de l’acte créateur de notre Dieu est que tout le créé participe du Dessein de Dieu de tout « récapituler sous un seul chef, le Christ » ainsi que l’affirme saint Paul aux éphésiens (1, 7-10) :
« Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre »
Le Salut est pour tous et pour tout le créé ! Et il y a plus grand encore, oui un plus grand mystère encore !
Pour que la création puisse être unie à Dieu il faut qu’il y ait une créature spécifique parmi les créatures qui soient capables de Dieu. Or, l’Homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, ainsi il est « capable de Dieu » c’est-à-dire qu’en créant l’Homme à son image Dieu l’a rendu capable de désirer voir Dieu, Il a inscrit en son cœur ce désir.
Et c’est bien dans cette nature humaine que le Verbe s’incarne, le Verbe divin, donc ça veut dire que c’est par l’être humain que Dieu accomplit la finalité de la création tout entière qui est d’être unie avec lui.
Alors, depuis que notre Seigneur Jésus Christ a mené toute chose à son accomplissement, par sa mort, sa résurrection et son obéissance, l’Homme a été restauré dans sa vocation de « berger » de la création, qui doit conduire toute chose à l’union avec Dieu dans le Royaume.
En conclusion, même le brin d’herbe, les animaux, la matière, tout ce que Dieu a créé pour sa plus grande gloire, tout est appelé à être reconduit vers Dieu pour la louange éternelle. Voilà la vocation de l’Homme. Méditons cela !
(Réflexion inspirée par une conférence de Fabien Revol, théologien et philosophe, directeur du centre Jean et Hélène Bastaire.)
Prions avec le Saint-Père :
Seigneur de la création,
tu nous as donné la terre féconde et, avec elle, notre pain quotidien,
comme signe de ton amour et de ta providence.
Aujourd’hui, nous reconnaissons avec douleur
que des millions de frères et sœurs souffrent encore de la faim,
tandis que tant de nourriture et de bien sont gaspillés sur nos tables.
Éveille en nous une conscience nouvelle:
que nous apprenions à rendre grâce pour chaque aliment,
à consommer avec simplicité,
à partager avec joie,
et à prendre soin des fruits de la terre comme d’un don venant de toi,
destiné à tous, et non à quelques-uns seulement.
Père bon,
Rends-nous capables de transformer la logique de la consommation égoïste
en une culture de solidarité.
Que nos communautés promeuvent des gestes concrets:
campagnes de sensibilisation, banques alimentaires,
et un style de vie sobre et responsable.
Toi qui nous as envoyé ton Fils bien-aimé Jésus,
pain rompu pour la vie du monde,
donne-nous un cœur nouveau, affamé de justice et assoiffé de fraternité.
Que personne ne soit exclu de la table commune,
et que ton Esprit nous apprenne à regarder le pain
non comme un objet de consommation,
mais comme un signe de communion et de soin.
Amen.